Depuis octobre dernier des centaines de méchants français moyens s’en prennent aux affiches publicitaires (oh combien esthétiques et si peu répétitives) présentes dans le métro parisien, à coup de peinture, de marqueurs et avec des slogans subversifs ! Horreur ! Gâcher de si belles stations, sans compter (et c’est surtout ça qui compte) la perte financière de l’afficheur, estimée à 1 000 000 d’euros (c’est dingue tout ce qu’on dépense pour vous embellir votre cadre de vie...). De plus ce mouvement antipub semble gagner la province, il est grand temps d’arrêter la contagion ! Comment sinon imaginer nos paysages de banlieue sans ses magnifiques affiches 4X3 avec des femmes en petite culotte et des gros 4X4 qui polluent ? Et surtout comment informer le consommateur et vendre toute la camelotte dont il n’a pas besoin ?
Du coup, afin de briser la rébellion dans l’oeuf, Métrobus, filiale de l’honorable et oh combien imaginatif Publicis, est parti en croisade judiciaire.
Tout d’abord Métrobus réclame 980 000 euros à 60 méchants taggeurs interpellés en flagrant déli de dénigrement publicitaire : ça leur apprendra à dire la vérité (« marre de la pub », « la pub ment », « halte au sexisme » etc).
Enfin, Publicis a aussi assigné en référé l’hébergeur du site internet qui a organisé ces rassemblements (une coopérative, mon dieu, même pas une entreprise commerciale), l’obligeant à engager des frais de justice démesurés, en espérant le couler de la sorte... Ouvaton a déjà ainsi engagé 20% de son budget annuel pour se défendre.
Encore quelques mois et l’affaire est dans le sac ! Il importe de mettre un terme à ce trouble à l’ordre consummériste et surtout étouffer ce débat de fond émergent sur la présence, le rôle et le contenu de la publicité ! Laissons travailler les professionnels enfin...
...Alors chers lecteurs, de quel côté êtes vous ? Les suites judiciaires le 2 février...
Les suites de l’affaire : l’ordonnance de référé relative à l’audience qui s’est tenue le lundi 26 janvier 2004 a été rendue ce lundi 2 février 2004 à 13h30. Le premier vice-président du Tribunal de Grande Instance de Paris y déboute de toutes ses demandes la société Métrobus (groupe Publicis).
Métrobus débouté, mais Ouvaton asséchée
une victoire au goût amer