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J.C. Ruffin, Goncourt 2001 avec Rouge Brésil, change de registre et sort en ce début 2004 un roman qui connaît déjà un grand succès. Ce roman d’anticipation aux accents de Barjavel, au delà de l’histoire, offre une vision à venir des effets de la mondialisation et de la généralisation d’une démocratie unique, sorte de dictature de la majorité.
L’histoire :
Sur Terre, dans un futur pas si lointain, la très grande majorité des habitants s’est regroupée dans les grandes métropoles mondiales, protégées de la pollution et des aléas climatiques par des dômes de verre et d’acier. Cet archipel urbain constitue à l’échelle planétaire Globalia, un système social, politique et économique unique assurant liberté, sécurité et bonheur aux habitants. Le meilleur des mondes possibles apparemment...
Au-delà de ces dômes existent les non-zones, territoires rendus à la nature et peuplés de quelques tribus prétendument hostile et revenues à un mode de vie sauvage. Les Globaliens, devenus quasi immortels (ce qui impose un contrôle strict des naissances) semblent se satisfaire de leur monde artificiel mais il en va différemment pour Baïkal, jeune hommes aux idées plus larges que ses concitoyens. Il rêve de fuir ce paradis contrôlé pour aller découvrir les non-zones, en entrainant son amie Kate. La première tentative échoue mais son cas intéresse un membre de l’élite politique globalienne qui se décide à lui ouvrir les portes du monde extérieur pour d’obscures raisons... que va découvrir Baïkal ? Est-il le simple pion d’un jeu politicien ?
D’une lecture aisée, dans un style rappelant Barjavel, ce roman de 500 pages m’a tellement captivé que je l’ai lu en très peu de temps. Outre l’histoire en elle-même, rondement menée, l’auteur pointe au cours du récit de nombreuses références à l’évolution de nos sociétés. Ces références se transforment vite en questionnements pour le lecteur qui perçoit aisément les dérives actuelles mises en avant par l’auteur. J’en citerai seulement quelques unes, parmi les plus visibles :
l’avenir de la démocratie en lien avec l’acculturation de la société,
l’obsession sécuritaire allant jusqu’à créer de fausses menaces pour mieux souder les Globaliens,
le (non)traitement des problèmes environnementaux avec la création de mondes humains clos et le rejet des pollutions dans les non-zones,
les difficiles relations intergénérationnelles dans un monde où l’espérance de vie est prolongée à l’infini grâce à la médecine et où les naissances doivent donc être limitées. Les jeunes sont ainsi devenus très minoritaires et mal acceptés,
enfin la dérive consummériste.
Ainsi, beaucoup de thèmes sont abordés et on peut parfois regretter que certaines pistes de réflexion soient seulement juste esquissées, comme des perches qui, sitôt tendues, seraient déjà enlevées... libre au lecteur néanmoins de faire l’effort intellectuel de s’interroger sur les propos de J.C. Ruffin. S’il retient seulement l’histoire dans le roman, il aura perdu une occasion...
Je voudrais ajouter à cela la peur de l’auteur d’une mondilisation poussée à l’extrème. Et puis cette présence bizzare de "globar" "d’anglobal" et de "In globe we trust" cela ne vous rappelle rien ? La puissance des Etats-Unis sera -t-elle un jour dominante ?
Si vous n’avez pas bien compris cette brique de 500 pages ou qu’elle vous a paru sans intérêt, le complement le plus troublant est "S.O.S bonheur" par Van Hamme. Réfléchissez bien, 2 écrits tellement similaires ne peuvent pas être anodins.
Ce récit est l’anticipation réfléchie, possée à sa plus haute réflexion.
Je souscris complètement à votre analyse.
Une seule question : que peux faire un humain moyen pour réagir face à cette situation qui s’annonce et modifier le cours de l’évolution du monde vers un autre état positif pour l’humanité ?
L’article pointe les axes de réflexion du roman Globalia. Ils existent, mais je regrette simplement que le développement soit limité à sa plus simple expression.
Amateur de SF, ces thèmes me semblent pré-digérés et furent abordés avec bien plus de puissance par K. DICK, par exemple, je ne trouve donc aucune valeur ajouté au triste roman de Ruffin.
C’est gentil, plat et les digressions sur les non-zones avec le pote fraiseur de chez Ford frise la niaiserie.
Enfin « la critique est facile et .... » :
C’est un livre bien écrit, agréable à lire mais assez fade.
Je le conseille vivement pour les futurs plagistes ! ;-))
Christophe,
Je trouve tes propos vraiment stupéfiants !Comment ne peut on pas être touché par ce livre !Moi il m’a bouleversé. Le monde va vraiment en cette direction.
En allant a la fnac l’auter jour sous cette grande bulle de verre, j’ai pensé a globalia, et bien oui j’ai acheté sans penser au malheurs en dehors de cette bulle, voila notre avenir. Une bulle remplit d’ignorance, de mensonges et de fausses libertés, de négligeance pour tout ce qui sera hors de cette bulle.
Je suis d’accord pour ce qui est de l’histoire d’amour, et de fraiseur. Ce livre est tout d’abord un roman ou, a mon avis l’auteur a intégré ses critiques de la société, et nous en sommes bien plus touché. Un peu d’humour (pour fraiseur) ne fait pas de mal, quant à le lire à la plage...Je trouve ça vraiment dégradant.