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4ème film avec 6ème sens, de ce réalisateur que je considère, personnellement, comme un très grand. Toujours dans la veine du fantastique et du mystère, voici une histoire en huis clos, dans un village qui semble hors de l’espace et du temps, isolé des villes par des bois sombres et effrayants.
L’esthétique, les couleurs et les lumières sont une constante chez le réalisateur, installant tout de suite l’ambiance du film, claire et grise, paisible (au moins en apparence) et inquiétante à la fois.
Le bois entourant le village est le territoire de “ceux-dont-on-ne-parle-pas”, créatures mystérieuses qui isolent la bourgade du reste du monde. Celle-ci est gardée toutes les nuits, et la couleur rouge est banie parce que censée attirer les créatures. Un suspense sans effets spéciaux, juste le huis clos et la lumière, sur le même mode que Signes, très peu d’images de l’objet de la peur, finalement peut-être la méthode la plus efficace pour prendre le spectateur aux tripes.
A la fois un sorte de fable politique, sur l’avidité et la violence, quoique parfois un peu naïve et cucul, un film de mystère et d’angoisse, une histoire d’amour (que l’on pourrait trouver un poil trop romantique), le mensonge difficilement assumé, c’est une nouvelle réussite de M. Night Shyamalan, quoiqu’un ton en-dessous de Signes à mon avis, plus percutant dans le développement des doutes des personnages.
Il était une fois un Petit Chaperon jaune qui traversait les bois sur les pas de Père-Grand pour y trouver de l’aide et sauver son amant. Des créatures aux dents aussi longues et aiguisées que celle de la Bête du Gévaudan, capables de saigner de pauvres petits agneaux innocents, guettent et sèment la frayeur au sein du Village. Son Conseil a signé un Pacte avec les Loups, que dis-je, une trêve avec ces créatures du mal, pour que chacun s’engage à respecter les limites de son territoire et ne jamais les franchir. Vent de panique sur la communauté. Un jeune Hobbit a bravé l’interdit. La colère de « ceux-dont-on-ne-parle-pas » s’abat sur le village, telle une tempête de sable sur une Plage. Le couvre-feu retentit, tous aux abris ! Que celui qui les a attiré à jamais soit maudit, qu’importe son acte de folie.
Non sans me rappeler quelques films que j’ai également aimés, assez proches du scénario et la façon dont le tout est filmé, je retrouve dans Le Village, comme dans 6e sens, un subtile et exquis mélange entre terreur et émotion. Entre sursauts et larmes (pour ne pas dire grandes eaux !), on saisit tout le sens et on remercie le réalisateur d’avoir exposé au grand jour ce qui pèse trop souvent sur notre quotidien : le rejet de la violence qui plane sur les villes, mais pas seulement, et qui cause la perte de l’humanité. Le retrait dans un village aux allures de Walnut Grove, ou l’emprisonnement des coupables dans une salle du silence, considérées comme solution, peuvent parfois échouer. Combattre la violence, certes, mais non sans mal. Mais existe t-il au fond un moyen réel de lutter contre l’animosité ?
Avec un trait (un peu lourd je trouve, bien que je sois en accord avec celui-ci) concernant les conséquences de la cupidité sur les comportements humains (d’où le banissement de l’argent dans la communauté).